Le corps suant, le souffle haletant, Harry se réveilla en sursaut. Combien de fois avait-il fait ce rêve ? Il commençait à devenir lassant. Pourtant, Harry avant peur de ce cauchemar. A presque dix-sept ans, cela pouvait être ridicule, mais n'importe qui aurait peur.
"Ce n'est qu'un rêve, pensa-t-il. Rien d'autre qu'un rêve..."
Il attrapa un livre au hasard et le feuilleta. Il n'arrivait même pas à lire les mots ni à regarder les images. Il ne voyait que le visage de Voldemort, partout où il allait...
Harry lança En vol avec les canons à travers la pièce. Il s'habilla rapidement. Il sursauta en voyant son reflet dans le miroir de son armoire, pensant un instant L'avoir vu... "Tout ça est ridicule, essaya de raisonner Harry. Jamais, jamais il ne viendrait dans
ma tête... Je ne dois pas en faire toute une histoire... Ni avoir peur ! Jusqu'à maintenant, je l'ai toujours "vaincu"."
Puis il se leva et sortit en silence de sa chambre. Même s'il était environ quatre heures du matin, Harry pouvait aller prendre son petit déjeuner. Les Dursley, la seule famille qui lui restait, n'osait pas l'enfermer dans sa chambre, ni le réprimander. Car, maintenant, il avait atteint l'âge où il pouvait faire de la magie en dehors de son école, Poudlard, une école de sorcellerie. Les Dursley avaient peur de la magie, et encore plus de Harry.
Il descendit donc et alluma la télévision. A quoi bon rester dans son lit à se demander quelles nouvelles désastreuses étaient arrivées ? Il mit la chaîne des information et s'assit sur le canapé.
"Aujourd'hui, plus de douze disparitions, annonçait le présentateur. Anna Bellerad, une petite fille de cinq ans, a été retrouvée morte dans le ruisseau de son jardin, à une heure du matin. John Rude, vingt-cinq ans, a disparu soudainement la soirée du vingt-se^pt juillet, lui et sa famille, sa femme Julia, d'origine espagnole, et ses enfants adoptés, Carol, huit ans, et Eleonor, deux ans. On ne sait pour quelles raisons..."
Harry éteingnit le poste. Tous les jours, plus de nouvelles, plus d'information qui l'horrifiait. Les Dursley ne voulaient même plus allumer la télé. Ils ne laissaient plus Dudley, leur fils, sortir, même si celui ci hurlait de rage. Abattu, Harry alla dans la cuisine en essayant de se remonter le moral. Il sourit en pensant à Ron et Hermione, ses meilleurs amis, qu'il allait voir bientôt.
Il entra dans la cuisine et se servit un verre de jus d'orange. Harry fit griller des toasts, sans même avoir faim, mais il préférait manger. Dès qu'il eut fini ce petit déjeuner, il remonta dans sa chambre et s'allongea sur son lit et poussa un soupir. Pourquoi tant de tortures ? se disait-il chauque jour, aux informations de sept heures.
"Ne pense pas à ça!" dit une voix dans la tête de Harry. Pense à ton anniversaire ! A Poudlard ! A Ron et Hermione !
Mais son anniversaire ne le réjouissait pas. Il n'était plus un petit garçon qui adorait les cadeaux, mais bientôt un homme, qui allait avoir dix-sept ans dans trois jours. Et demain, Ron viendrait le chercher, pour assister au mariage de son frère, Bill, et de la jeune française Fleur Delacour, avec qui Harry avait concurru le Tournoi des Trois Sorciers. Il était heureux de ce mariage. Une fois, il avait dû venir au mariage d'une des collègues de l'oncle Vernon, mais la mariée avait insisté pour qu'on ne danse pas. Les adultes s'étaient alors rassemblés autour du couple, mais les enfants avaient dû jouer dans une chambre fermée à clée, et Dudley avait appris aux enfants comment frapper Harry.
Mais le mariage de Bill et Fleur ne serait pas comme ça, avait garenti Ron. Mrs Weasley avait préparé tout l'été l'évenement et s'énervait pour un rien. Il n'avait pas eu de nouvelles d'Hermione, seulement une lettre qui disait :
Cher Harry,
Je t'écris de Hawaï, sur la plage, en train de bronzer. ça me fait un bien fou de ne pas regarder ces horreurs à la télévision. J'espère que tu t'amuses bien, je vais chez Ron le vingt-sept juillet, et toi ? Tu me manque !
Amitiés,
Hermione.
Dès qu'il avait lu cette lettre, Harry s'était dit qu'il n'était pas le seul à penser qu'il devenait un homme. Hermione, à Hawaï, en train de bronzer sur la plage ? Cela ne lui ressemblait pas. Depuis qu'il l'avait connu, Hermione était une sorte de garçon manqué, qui ne parlait pas vraiment aux autres filles. Ayant vu cette lettre, avait avait esquissé un sourire.
Il n'avait eu de nouvelles de Ron le 10 juillet. Apparemment, ni l'un ni l'autre ne tenait à savoir comment il allait, sauf Ron, qui lui avait demandé dans sa lettre "J'espère que tu vas bien ! ". Qu'est ce que Harry pouvait répondre à ça ? La vérité, c'est qu'il n'allait PAS bien. Cela dit, il n'avait pas écrit à Ron et à Hermione depuis le début des vacances, de peur que sa lettre soit interceptée -mais il avait surtout la flemme de le faire-, il se rendait à l'évidence : s'il ne leur avait pas répondu, ils n'avaient pas pris la peine de lui écrire, pour sûr.
Un grognement et un grincement de plancher indiqua à Harry que les Dursley étaient réveillés. Harry se leva, et, même s'il avait pris son petit déjeuner, entra dans la cuisine. Il adorait quand les Durlsey n'étaient pas à l'aise avec lui.
Quand il entra, l'oncle Vernon qui était en train de boire un verre de lait s'étrangla.
_Qu'est ce que tu fais là, toi ?
Harry haussa les sourcils.
_Je viens prendre mon petit déjuner. Pourquoi ?
_Ne te moque pas de moi, répliqua l'oncle Vernon, virant au rouge. Je t'ais entendu descendre il y a dix minutes.
Harry, n'ayant plus aucune crainte pour son oncle, dit :
_Et alors ?
Son oncle rangea précipitamment les biscuits qu'il comptait manger et se sauva de la cuisine. Harry éclata de rire et courut vers la salle de bain où la tante Pétunia se maquillait. Harry frappa.
_Occupé, grommela la tante Pétunia.
_J'ai oublié quelque chose, répondit Harry en souriant largement. Je voudrais bien prendre ce que j'ai oublié.Sinon, je pourrais bien jeter encore plus de sorts...
La tante Pétunia sortit en trombe de la salle de bain. Elle avait des ... sur les cheveux et avait un masque d'argile, ce qui lui donnait l'air d'un mort-vivant.
_Merci, dit Harry.
Pétunia se sauva en courant et Harry esquiesça un sourire. Il se vengeait de ce que sa famille lui avait fait comme malheurs. Mais le plus drôle était Dudley. Harry toqua à sa porte :
_Hé, Dud, ouvre, c'est moi !
Il entendit quelqu'un se précipitant derrière la porte qu'il entrouvrit. Harry eut tout juste le temps d'apercevoir une fumée verte et nauséabonde. Il vit deux boîtes de gateaux sur son lit, une bonne dizaine de boîtes de bonbons.
_Qu'est ce que tu veux ? grogna Dudley.
_Tu sais que ce n'est pas bien de fumer, Dud, dit HArry, souriant, en guise de réponse. Et tu as ENCORE pris des gâteaux... Je ne pense pas que tes parents seraient fiers de toi. Donne-moi ça.
Dudley cacha ce qui semblait être un joint derrière son dos.
_Tu ne veux pas ? Dud, ne m'oblige pas à en venir aux mains...
Dudley resta pétrifié. Puis il claqua la porte et la verrouilla.
_Haloomora !
La porte s'ouvrit en grand et Dudley poussa un hurlement. Harry entra.
_Accio ! dit-il en tendant sa baguette vers la main de son cousin. Il fit voleter le joint jusqu'à la poubelle.
_C'est mauvais pour la santé, tu sais. Tu risquerais de t'anéantir...
Apparemment, c'était Harry que Dudley voulait anéantir.
_SORS DE MA CHAMBRE ! TOUT DE SUITE !
Harry haussa les épaules.
_Comme tu veux.
_Tu verras, je ne sortirais JAMAIS de cette chambre tant que tu es là !
_Dans ce cas, on va bien appliquer ça... Collaporta !
Harry courut dans sa chambre tandis que son cousin hurlait dans sa chambre, qui, à présent, était collée aux gonds, et que seul un sorcier pouvait le libérer. La tante Pétunia couraient dans tous les sens en versant des litres de larmes en disant : "Dudlinouchet, on va te sortir de là, Duddy... ". L'oncle Vernon avait appelé un réparateur tout en lançant à Harry un regard glacial dont Harry n'avait plus peur depuis bien longtemps. Il éclata de rire en voyant celui-ci expliquer au réparateur qu'il ne savait pas ce qui avait bien pu se passer et entra dans sa chambre, joyeusement.
Jusqu'à ce qu'un hibou noir comme le jais entre dans sa chambre et dépose un bout de parchemin froissé.


